Les femmes vivent plus longtemps - mais les hommes rattrapent leur retard

6 mars 2020
  • Les femmes ont une espérance de vie nettement plus longue que les hommes - mais l'écart s'est réduit de 8,3 ans à 5,9 ans au cours des trente dernières années
  • Les changements de mode de vie en sont responsables : alors que les hommes sont de plus en plus conscients de leur santé et évitent les risques, les femmes semblent aller dans la direction opposée
  • Cette évolution s'observe dans tous les pays riches : Les hommes rattrapent leur retard

En moyenne, les femmes vivent plus longtemps que les hommes. En France, la différence à la naissance était de 5,9 ans, selon les derniers chiffres de l'INSEE : l'espérance de vie moyenne d'une fille nouveau-née a atteint un nouveau record de 85,7 ans, alors qu'elle est de 79,8 ans pour un garçon nouveau-né. Cependant, cet écart s'est considérablement réduit au cours des dernières décennies. En 1990, il était encore de 8,3 ans. Depuis lors, l'espérance de vie des femmes n'a "que" augmenté de 4,7 ans et donc moins fortement que celle des hommes, qui peuvent enregistrer une augmentation de 7,1 ans.

Toutefois, cette évolution peut être observée non seulement en France mais aussi dans les pays à haut revenu en général, où l'écart s'est réduit de 6,8 ans à 5,2 ans depuis 1980. Les pionniers ont été les États-Unis, où le déclin a commencé au milieu des années 1970, suivis par le Canada. Dans les pays à faibles et moyens revenus, où les maladies transmissibles continuent de causer le plus grand nombre de décès, la différence a continué de s'accroître et ce n'est que récemment qu'un tournant est apparu dans certains pays. Cela est particulièrement vrai pour l'Amérique latine.

Les causes des différences d'espérance de vie n'ont pas encore fait l'objet de recherches approfondies. Outre les facteurs biologiques, les différents modes de vie sont susceptibles de jouer un rôle important. Par exemple, les femmes semblent avoir un système immunitaire plus fort que les hommes, ce qui devrait contribuer à leur espérance de vie plus élevée. L'exemple le plus récent en est la mortalité nettement plus élevée des hommes due au coronavirus, comme cela a déjà été observé lors des précédentes épidémies de SRAS et de MERS. En outre, les hommes sont généralement plus enclins que les femmes aux comportements à risque, ont plus d'accidents et sont moins soucieux de leur santé, c'est-à-dire qu'ils fument et consomment de l'alcool plus souvent, sont plus sujets à l'obésité et, en outre, consultent un médecin moins souvent et plus tard que les femmes.

Dans le même temps, les comportements des femmes et des hommes ont convergé à certains égards. Alors qu'une tendance à un comportement plus soucieux de la santé est apparue chez les hommes dans les pays industrialisés, notamment grâce à un grand nombre de campagnes d'information, la tendance chez les femmes a longtemps été inverse. C'est particulièrement vrai pour le comportement tabagique, l'un des principaux facteurs de risque des maladies cardiovasculaires, respiratoires et cancéreuses. La France ne fait pas exception : alors que la proportion de fumeurs chez les hommes est passée de 33% à 28,2% depuis 2000, elle a augmenté chez les femmes de 21% à 22,9%.

Si l'on tient également compte d'un autre facteur négatif qui influence l'évolution de l'espérance de vie, à savoir le manque d'activité physique généralisé, rien n'indique que la tendance à une plus grande convergence de l'espérance de vie s'inversera dans un avenir proche : Parmi les adolescentes, seules 6 % ont déclaré faire au moins une activité physique modérée, contre 14 % chez leurs pairs masculins.

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